Flers Bernard Allays, professeur de français à Flers, sort son premier roman

Le goût des ruines est le premier roman de Bernard Allays, professeur de français au lycée Jean-Guéhenno, à Flers (Orne). Rencontre.

18/04/2017 à 17:12 par mathieumace

Bernard Allays, professeur de français au lycée Jean-Guéhenno, a sorti son premier roman, Le goût des ruines.
Bernard Allays, professeur de français au lycée Jean-Guéhenno, a sorti son premier roman, Le goût des ruines.

C’est votre premier roman. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la plume ?

J’écris depuis toujours. C’est une passion depuis que je suis tout petit mais pour arriver à finir un roman, il fallait quelque chose qui, à mes yeux, vaille la peine. Il m’a fallu, à un moment de ma vie, prendre 6 mois pour me consacrer uniquement à l’écriture de ce texte et arriver à produire quelque chose d’intéressant à soumettre à des éditeurs. L’idée n’est pas d’ajouter un roman aux romans, de faire du bla-bla… Je suis un grand lecteur, j’ai des grandes admirations et si, à mes yeux, ça n’avait pas eu d’intérêt, je ne l’aurais pas proposé.
Au bout de 6 mois d’écriture, je suis arrivé à un résultat qui me plaisait que j’ai fait lire autour de moi. J’ai eu des encouragements. Je l’ai proposé à des éditeurs. Après une vague de refus, Le Soupirail, une maison d’édition normande basée au Mesnil-Mauger, a trouvé le texte intéressant.

Comment décririez-vous Simon, le personnage principal ?

Simon, c’est un personnage devenu indifférent au monde qui l’entoure à force de saturation. Il vit dans notre monde qui est assez matérialiste, cynique et nihiliste, ce qui est représenté par son ami Gilles. Il veut se débarrasser de ça, de ce qui est nocif pour lui, finalement. Je suis parti de cet état-là, dans lequel je vois pas mal de gens et que j’ai sans doute traversé aussi. C’est ce moment où on n’a plus de goût. Du coup, on n’a peut-être plus que le goût des ruines.
Soit on s’enfonce, soit, par une espèce de sursaut, on se dit qu’il faut s’en sortir. Pour lui, ça passe par effacer totalement son passé. Il quitte sa librairie, il se sépare de ses amitiés, il rompt. Dans le même temps, arrive dans sa vie toute une série de mini drames : on jette des chiens morts sur son seuil, on lui en veut, son premier amour se suicide… Il cherche autre chose mais il ne sait pas quoi et il ne sait pas comment.

C’est l’envie de tout plaquer ?

C’est une envie de rompre, de casser, de passer à une autre vie. C’est quelque chose de très répandu, je pense, notamment chez les hommes qui souvent se trouvent installés dans une existence avec un travail, une maison, des prêts à rembourser, des enfants… et ça commence à être un peu réduit par rapport au rêve, à ce qui était attendu autrefois. Je pense que cet élan de partir est très courant, y compris dans la littérature. Il y a plein de héros qui partent. Rompre est le principe de départ de plein de textes.

Pour vous, c’est le mal de siècle ?

Oui, peut-être ou un bien… Si les gens refont leur vie, peut-être que le monde sera différent s’ils y arrivent tous.

Quels sont les premiers retours des lecteurs ?

Les premiers retours sont positifs. Les gens sont absorbés par le texte. Ils me disent souvent qu’ils ont lu le livre en deux ou trois jours. Ça les remue. Ils ont plein de questions, ils sont intéressés par le personnage, son parcours et par l’écriture. Je suis ravi des retours. J’ai de bons espoirs par rapport à ce bouquin. Je me dis qu’il aura une belle vie.

Vous êtes originaire du Nord, comment êtes-vous arrivé en Normandie ?

J’avais envie de Sud. J’avais demandé plusieurs académies pour ma mutation, l’Aquitaine, la Bretagne jusqu’à la Normandie et j’ai eu la Normandie. Je suis venu m’installer ici en 1999 en pensant que ça ne durerait pas. C’était une espèce d’aventure et puis on s’installe. La région est belle, je me suis fait des amis assez rapidement. La Normandie me convient entre la mer, la campagne et le climat. On se retrouve quelque part et on finit par y rester mais j’ai encore le cœur dans le Nord parce qu’on ne s’arrache pas de ses racines.

Préparez-vous un autre roman ?

J’ai bien envie de continuer. Je suis encore en train d’écrire. J’avais un peu arrêté après celui-là parce qu’il fallait souffler. C’était en 2014. Après ça a été le long temps de la recherche d’un éditeur. Le fait d’être publié me relance dans l’idée de continuer. C’est un peu difficile avec mon travail d’enseignant. J’ai besoin de me détacher, d’être complètement dedans pour parvenir à écrire. Mon second roman se passe en Normandie pour le moment. C’est sur la côte, du côté de la Manche, entre Portbail et Barneville. Il traiterait plutôt des relations entre un père et ses filles. C’est très loin d’être fini.

Flers (Orne) vous inspirerait-elle pour un roman ?

Pourquoi pas… Où j’habite, il y a des petites venelles entre les maisons avec des arrière-cours où il doit se passer pas mal de choses. Je suis également intéressé par la Seconde guerre mondiale, ça pourrait être lié. C’est une région qui a été traversée par un événement majeur du XXe siècle et ça suscite plein d’histoires. Cela nécessite toute une série de recherches, dès lors qu’on tombe dans l’Histoire, il ne faut pas dire de bêtises, il y a un impératif de vérité. Pour le moment, je suis plus dans la fiction.

Le goût des ruines de Bernard Allays, 198 p. 20 € ; L’auteur dédicacera son ouvrage à Flers (Orne), à la librairie Quartier libre, le samedi 6 mai 2017. Le samedi 20 mai 2017, il sera au Salon du livre de Caen et au festival Etonnants voyageurs, à Saint-Malo, les dimanche 4 et lundi 5 juin 2017.

61100 Flers

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image
Présidentielles 2017

Votre journal cette semaine

Flers - Samedi 29 avril 2017

Flers
Sam
29 / 04
15°/-1°
vent 10km/h humidité 100%
Dim14°-6°
Lun13°-4°
Mar15°-3°
Mer13°-5°

Un concentré d'informations pour ne rien manquer !

Je m'inscris à la newsletter
Votre opinion

La Ville de Flers doit-elle investir pour que Saint-Sauveur retrouve un distributeur de billets ?
Chargement ... Chargement ...