À Saint-Germain, on cueille les fraises chez l’agriculteur
A Saint-Germain-du-Crioult, la ferme des Forges propose aux clients de venir cueillir eux-mêmes leurs fruits et leurs légumes.

Les familles cueillent les fraises
Les gens viennent surtout pour les fraises », commente Francis Lemasson. Depuis trois ans, le maraîcher ouvre son exploitation aux acheteurs qui cueillent directement les fruits et les légumes dans ses terres. Au lieu-dit les Forges, il détient plus de six hectares sur lesquels poussent fruits rouges, salades, mais aussi pommes, aubergines, etc. À l’entrée, un camion ouvert accueille les visiteurs. Un grand panneau affiche les prix des différentes variétés, au kilo. Francis Lemasson explique le fonctionnement. « On prend un bac pour stocker les fruits et les légumes. Puis on cueille ce que l’on veut. » Après, il faut revenir dans le camion et poser ses trouvailles sur la balance. C’est l’heure de payer.
« On vient pour les fraises »
Peu de fermes proposent une telle initiative, à part Cagny, dans le Calvados. Francis Lemasson ouvre trois après-midi par semaine : mercredi, vendredi et samedi de 14 heures à 19 heures Chaque fois, quelques dizaines de personnes viennent pour se servir. Comme Georgette Heudiard qui témoigne : « On n’habite pas loin. Ça permet d’avoir des fruits frais. On cultive aussi chez nous dans un potager mais il n’est pas grand. » Elle fréquente le lieu depuis l’ouverture. « On vient pour les fraises et les salades. Si les fruits ne sont pas bons, on les remet par terre. On ne peut pas faire ça dans le supermarché. Et puis, ça permet de montrer au petit-fils ce qu’est la cueillette. »
Pour Francis Lemasson, organiser ces après-midi est d’abord un moyen de créer du contact et de voir ses consommateurs. « Je voulais faire quelque chose de nouveau et de rencontrer des gens sympas », explique-t-il. Il a créé son exploitation de maraîchage, trois ans auparavant, pour la cueillette. « Ça fait 22 ans que je suis installé ici, mais je faisais de l’élevage de vaches laitières. C’était beaucoup de boulot et de contraintes. J’ai donc tout remis en labour pour cultiver. » La cueillette par la clientèle ne suffisant pas à vivre, il vend aussi aux supérettes, puis, depuis l’année dernière, aux supermarchés. « C’est la majorité de mon chiffre d’affaires », admet Francis Lemasson. Une activité qui progresse puisque, cette année, il a récupéré de nouveaux marchés. De 16 000 plants de fraisiers, il devrait passer à 20 000. Malgré tout, à cause des conditions météo, les récoltes sont en péril et il s’inquiète de ne pas pouvoir rentrer dans ses frais.
Mauvaise récolte
L’été 2 012 n’est pas réjouissant pour le maraîcher. « Cette année je n’ai même pas d’excédent. C’est limite. Ce n’est pas une bonne année pour les fruits. Les pommiers ne m’ont pas donné plus de deux pommes par arbre. Avec le temps, les tomates mais aussi les fraises ont 15 jours de retard. Il y a 50 % de pertes au niveau des fruits rouges. Elles mûrissent et avec la pluie, elles sont déjà abîmées », regrette Francis Lemasson. À présent, le temps se porte mieux et les cultures redémarrent. Avec le renouveau, l’espoir est permis, surtout que la culture est encore jeune et que certains arbres ont besoin de deux-trois ans pour être rentables.