Installation du E. Leclerc : « Les gros mangent les petits commerçants »

Prévue à nouveau en 2013, la possible installation de E. Leclerc, dans la zone de Saint-Pierre-du-Regard, inquiète certains commerçants de Condé.

Publication : 02/08/2012 à 15:06

Vincent Poirier de Carrefour city

Vincent Poirier de Carrefour city


Remise à l’ordre du jour, l’implantation du E. Leclerc à l’entrée de Condé-sur-Noireau (lire notre article, édition du 19 juillet), sur la commune de Saint-Pierre-du-Regard, n’enchante guère les commerçants. « On verra bien », déclare Thierry Lemagnen de la boucherie Lemancel. Sans être pessimiste sur l’avenir, il se montre plutôt résigné. « Si ça doit arriver, ça arrivera. Je ne crois pas que l’on puisse y faire grand-chose. Est-ce que nous serons touchés ? L’avenir nous le dira. Je pense qu’ils se partageront la part du gâteau avec Intermarché. La grande distribution sera plus concernée. »
Au Carrefour city, Vincent Poirier déclare sans ambages. « Ce n’est pas une bonne nouvelle. Sur Condé, il y a déjà plusieurs grandes surfaces : Netto, Intermarché, Aldie. Avec E. Leclerc, pour moi c’est trop. » Il raconte que ses employés, qui travaillent depuis longtemps dans l’alimentation dans la ville, ressentent bien l’impact de la concurrence. « Ils ont vu les chiffres d’affaires baisser », déclare Vincent Poirier. « E. Leclerc va sûrement s’implanter avec une galerie marchande. Il n’y a pas que l’alimentation qui va en pâtir. La zone de chalandise n’excède pas 10 000 habitants autour de Saint-Pierre-du-Regard. La maison de la presse a déjà fermé récemment. Je ne sais pas ce que cherche E. Leclerc mais il va faire du mal à Condé. »
Dans la librairie-papeterie, Catherine Bagot non plus n’est pas tranquille. Du moins pour la rentrée, car le reste de l’année, elle sait qu’elle peut résister à la concurrence. « Au moment de la rentrée, ça nous fait du tort. Mais nous avons plus de produits scolaires toute l’année, tandis qu’ils ne sont souvent mieux fournis qu’en août et septembre ».
65 emplois en plus ou en moins ?
Mal à l’aise avec ce sujet, de nombreux commerçants veulent bien s’exprimer, à condition de ne pas être explicitement cités. Ainsi, dans une boulangerie un ouvrier déclare : « C’est malheureux. Leclerc prétend créer 65 emplois. Mais combien vont disparaître chez les petits commerçants ?  ». Même réaction dans une boutique de vêtements. « Ce sont les plus gros qui vont manger les plus petits. Quand les gens se rendent en grande surface, ils font les courses alimentaires mais aussi le reste. Intermarché ne nous gêne pas mais E. Leclerc c’est de trop. On n’a pas le choix de toute façon. » La vendeuse se rassure en déclarant : « Les personnes âgées, en revanche, continuent souvent de consommer en centre-ville. »

Thierry Lemagnen de la boucherie Lemancel.

Thierry Lemagnen de la boucherie Lemancel.


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