Flers Gens du voyage : vers la suppression du carnet de circulation

Le carnet de circulation qui oblige les gens du voyage à se présenter régulièrement devant les représentants de l’Etat pourrait disparaître.

Publication : 01/08/2012 à 18:09


Le carnet de circulation oblige les gens du voyage à se présenter régulièrement devant les représentants de l'Etat.

Le carnet de circulation oblige les gens du voyage à se présenter régulièrement devant les représentants de l'Etat.



« Le carnet de circulation, c’est comme un passeport » explique Elodie, membre de la communauté des gens du voyage de Flers. Un passeport à l’intérieur des frontières, auquel est soumise toute personne sans domicile fixe depuis plus de six mois ou qui vit dans un abri mobile. Particulièrement concernés donc, les gens du voyage. Eux l’appellent le carnet forain. Régulièrement, ils doivent le faire tamponner au commissariat ou à la gendarmerie. « On est Français, mais on est considéré comme des étrangers, » s’indignent-ils. Il en existe de quatre types. Le plus restrictif est le carnet de circulation, qui oblige à se présenter tous les trois mois devant les représentants de l’Etat.

Ces documents pourraient disparaître après que des sénateurs se sont emparés de la question. Mardi, Pierre Hérisson, sénateur UMP de Haute-Savoie, déposait une proposition de loi sur le statut juridique des gens du voyage. Si elle était adoptée, l’habitat mobile serait considéré comme un logement à part entière et les différents carnets de circulation seraient supprimés. En juin, Esther Benbassa, élue EELV du Val-de-Marne, avait déjà déposé un texte similaire. Ces deux propositions pourraient être mises à l’ordre du jour à l’automne.

Alors qu’il apprend l’initiative des deux parlementaires, Josué écoute avec intérêt : « Il serait temps, depuis 1969 qu’il existe. A l’époque où on vit…  » La famille que nous avons rencontrée admet ne plus utiliser ce document depuis qu’ils se sont fait faire une carte d’identité : « Avec le carnet de circulation, on n’avait le droit à rien. Quand on le présente, les gens ont peur. » La disparition de ce document mettrait fin au statut spécial des nomades et à une discrimination légale : « Les sédentaires, eux, ne sont pas obligés de pointer tous les trois mois. »


Flers, France

Soyez le premier à commenter. Cliquez sur Réagir




CaptchaVersion audio
Changer l'image