Josselyn : « Je ne hais pas mon père »

Josselyn et ses cicatrices. (Photo Pat Rigal)
w Cicatrices
« C’était difficile. J’inventais des histoires à propos de mes cicatrices : bagarre, je m’étais coupé avec un plat, etc. Je ne voulais pas que les autres sachent ce qui s’était passé réellement. Cela m’a donné ma force de caractère. Je remettais les autres à leur place ou bien je ne prêtais pas attention à ce qu’ils me disaient. J’ai été suivi pendant plusieurs années par un psychothérapeute. Aujourd’hui, je n’en ressens plus le besoin. »
w Combat symbolique
« Je voudrais tourner la page. J’ai vu ma mère se contenter d’un bol de café pour nous laisser manger, ma sœur et moi. Mon père ne nous a jamais aidés. Il a entretenu son insolvabilité. Il n’a jamais retravaillé à sa sortie de prison alors qu’il avait obtenu un diplôme de comptabilité. Lorsque mes grands-parents sont décédés en 2005, j’ai intenté une action pour bloquer l’héritage de mon père et que le notaire prenne acte de sa dette envers moi. Six ans après, la situation n’a pas évolué ! »
w Comité de soutien
« Ma mère m’a proposé de mettre en place ce comité de soutien avec un ami journaliste, Pat Rigal. J’ai hésité car je gardais tout ça pour moi. Je ne voulais pas médiatiser. Et puis, la lenteur de la procédure a fait, qu’avec ma mère, on en a eu ras le bol. Aujourd’hui, je ne suis plus une victime, je me bats pour tourner la page. Ça n’a rien à voir avec de la vengeance. Je ne hais pas mon père, je ressens du mépris. Je souhaite que les gens prennent conscience que les tribunaux rendent des jugements qui ne sont pas appliqués. En 2009, le tribunal de grande instance d’Argentan a ordonné le règlement de la succession et a reconnu ma créance. Mais le notaire ne bouge pas. Il semble vouloir favoriser mon agresseur. Les gens peuvent signer la pétition qui se trouve sur le site www.soutenir-joss.fr. Nous avons déjà plus de 500 signatures. Nous l’adresserons au tribunal et au notaire pour tenter d’accélérer les choses. »