Usine amiantée de Caligny : François Hollande s’engage à étudier le dossier
Le candidat à la présidentielle, François Hollande, a répondu à Daniel Cattelain, maire de Caligny au sujet des inquiétudes des habitants sur le devenir de l’usine amiantée.

François Hollande a répondu au maire de Caligny, s'engageant à étudier le dossier de l'usine du Pont.
Daniel Cattelain, maire de Caligny a adressé, le 19 mars dernier, une lettre au candidat François Hollande. Ce courrier faisait suite à la réunion publique organisée par la sous-préfecture et la société Valéo, le 13 mars à Caligny, au sujet du devenir de l’usine amiantée du Pont.
Dans son écrit, le maire exprime la double inquiétude des habitants suite à la solution préconisée par les pouvoirs publics et l’entreprise Valéo d’enfouir les déchets amiantés sur place. « Un captage d’eau destiné à la potabilisation est situé à moins de deux kilomètres en aval et nous redoutons tous la présence d’amiante dans l’eau brute. [… ] Le second problème que pose le confinement est d’ordre moral. [… ] Nous considérons la proposition de Valéo comme indécente et irrespectueuse de la souffrance des victimes de l’amiante, y compris celles qui inéluctablement viendront. »
Réponse
Le 28 avril dernier, la réponse de François Hollande est arrivée en mairie :
« Monsieur le Maire, j’ai bien reçu votre courrier relatif au traitement des anciens bâtiments de la société Ferodo. Je vous en remercie.
Interdit en France depuis 1997, l’amiante reste la deuxième cause de maladies professionnelles, malgré un léger recul depuis 2008. Ces pathologies liées à l’amiante reflètent certes des expositions anciennes, mais elles comptent parmi les plus graves ; elles constituent la première source de cancer et la première cause de décès liés au travail si l’on exclut les accidents du travail. Ces constats ne sont pas acceptables. Au-delà de la réparation et de l’indemnisation des préjudices qui sont l’expression de la justice sociale à laquelle je suis fermement attaché, il est de la responsabilité des pouvoirs publics de mener une politique de prévention face à ce produit cancérogène, comme face aux autres agents chimiques dangereux, cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Le risque chimique sera l’une des priorités de la politique de santé au travail que je veux engager.
Dans ce contexte, j’ai transmis votre interpellation aux responsables des questions liées aux risques sanitaires et sociaux de mon équipe de campagne. Si les Français nous font confiance, nous ferons étudier le dossier et les problématiques que vous évoquez avec la plus grande attention possible. »
Engagement
François Hollande vient d’être élu président de la République. Daniel Cattelain ne lâche pas le morceau : « Il a pris un engagement vis-à-vis de Caligny et plus généralement vis-à-vis des victimes de l’amiante. Je sais qu’il sera tenu. Nous mettrons en avant les victimes de l’amiante, les conséquences de l’amiante et non pas l’intérêt des entreprises qui ont travaillé l’amiante. Le but du processus est d’obtenir une réparation morale. Cette réparation ne sera pas possible si on se contente de laisser les matériaux enterrés sur place, sous les yeux des victimes. On a fait de cette affaire une question d’argent. Mais que représente le transport de ces matériaux hors de Caligny ? Pas grand-chose, alors faisons-le ! »
16 mai 2012 09:33