Kyrie Kristmanson en concert à Chanu : « Je rêve en anglais »
- Mardi 1/03/2011 - 20:10
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Kyrie Kristmanson, 21 ans présente son premier album « Origin of Stars » à Chanu samedi 12 mars.
La belle Canadienne Kyrie Kristmanson, 21 ans, se produira en concert samedi 12 mars à la salle des fêtes de Chanu, dans le cadre du Printemps de la chanson dans l’Orne.
Votre prénom « Kyrie » signifie Dieu en grec, n’est-ce pas dur à porter ?
Quand j’étais gamine, je ne m’en rendais pas compte. Je viens d’une famille qui n’est pourtant pas religieuse. Je crois qu’ils ont trouvé ce prénom joli sur le plan esthétique. Mon nom de famille fait aussi référence au Christ d’ailleurs !
Quel est votre regard sur les religions et la chrétienté en particulier ?
Dans mes chansons, je traite pas mal ce thème avec celui de l’amour profane et de l’amour sacré. C’est quelque chose que l’on retrouve dans le répertoire des troubadours d’Europe et cela m’attire beaucoup.
Pensez-vous que l’amour entre un humain et un dieu soit aussi naturel que l’amour entre deux êtres humains ?
Oui je le pense. J’ai grandi dans un endroit rural au Canada. Pour m’entraîner à chanter, je partais souvent dans la campagne, non pas pour admirer les paysages mais pour être seule et que personne ne m’entende. Dans ces moments-là, j’ai cru non pas dans les religions mais dans la nature et l’histoire des gens qui occupaient cette terre avant moi. Un jour, il y a treize ans, je suis allée dans un ancien hôpital et j’ai vu des enfants jouer. Quand on m’a dit que c’était impossible car il n’y avait pas d’enfants, j’ai eu un choc. J’ai vu des énergies et ce sont ces énergies que j’interroge dans mes chansons.
C’est aussi l’influence des peuples autochtones, les Amérindiens ?
Oui. J’étais dans une école qui intégrait les Amérindiens et j’ai beaucoup entendu leurs chants traditionnels, notamment le Pow-Wow avec le tambour. Cela me donnait des frissons. Là où j’habitais quand j’étais plus jeune, on sentait les tensions entre les peuples anciens et les descendants d’Européens qui sont arrivés après. Ce conflit est très présent et n’est pas résolu. Dans ma campagne, il y avait des réserves indiennes où les Blancs n’étaient pas les bienvenus. Il y a aussi tout le poids du conflit entre Anglais et Français que l’on ressent encore…
Vous utilisez votre voix comme un instrument à part entière, notamment en chantant a cappella. Cela rappelle le travail de la chanteuse française Camille. Vous avez une formation lyrique à la base ?
Non, comme je vous le disais, je me suis entraînée en partant dans la campagne toute seule pour ne pas être gênée par d’autres. Quand on se croit seule, on est libérée. J’ai commencé à chanter à l’âge de 4 ou 5 ans. Ensuite, j’ai commencé la guitare classique à l’âge de 9 ans et la trompette vers 12 ou 13 ans.
La trompette, voilà un instrument peu conventionnel pour une jeune femme !
J’ai essayé la trompette à l’école dans le cadre de la fanfare. J’ai choisi cet instrument qui faisait beaucoup de bruit un peu pour provoquer. Au-delà de ça, c’est un instrument qui est associé à la guerre et à la chasse, j’aime cette impression de grands espaces qu’il dégage. Et puis, j’adore le son de deux trompettes qui jouent en harmonie !
Au concert de Chanu vous aurez un trompettiste avec vous.
Oui, il joue beaucoup mieux que moi. Universal l’a choisi. Il est de Cherbourg d’ailleurs.
Il y a aussi un bassiste qui vous accompagne.
Oui, d’habitude je joue avec un contrebassiste et quand j’ai fait les premières parties d’Emily Loizeau, j’ai rencontré François Puyalto qui était son bassiste. Je trouvais son jeu très original. Il a accepté de jouer pour mon premier album. Je n’écris jamais la musique que je compose. C’est pourquoi il me fallait des musiciens qui arrivaient comme moi à travailler de façon orale, comme les troubadours !
Vous interprétez deux chansons en français, pourquoi pas plus ?
Même si j’habite Paris en ce moment, je rêve en anglais. J’aime chanter en français et je trouve le français plus joli que l’anglais. Mais j’aime le côté brut de l’anglais qui permet de dire des choses de façon simple.
D’où vient la chanson “Oh Montmartre” ?
C’est une de mes premières chansons curieusement. Je l’ai écrite quand j’avais 15 ou 16 ans, j’étais chez moi en plein hiver. Il faisait très froid, la température peut descendre à moins 40°C ! Et j’étais en train de rêver d’ailleurs. J’aurais pu rêver aux tropiques mais je suis tombée sur des vieilles photos de Montmartre des années 20. Elles m’ont fait rêver !
w Vous étudiez à Paris en ce moment, je crois ?
Oui j’étudie les troubadours. Je suis attirée par cette tradition. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque médiévale. Au milieu des guerres et des problèmes de religion, des hommes et des femmes écrivaient des chansons sur l’amour de façon souvent très sophistiquée. On retrouve cette tradition en Allemagne et en Espagne. Leur démarche m’inspire, notamment dans la provocation. D’ailleurs, les femmes qui étaient le plus souvent des épouses d’aristocrates étaient les plus virulentes car elles n’avaient pas peur de déplaire.
Dans ma musique, mes paroles, je cherche à provoquer comme eux.
w Connaissez-vous la Normandie ?
Un peu, je suis déjà venue jouer près du Havre et j’ai visité le Mont-Saint-Michel en février !
Propos recueillis par TR
Pratique : Concert samedi 12 mars à 20 h 30, salle des fêtes de Chanu. Tarifs : 8 € en pré-vente, 14 € sur place. Pass pour les deux concerts (Ben Mazué) 12 € en pré-vente, 14 € sur place. Gratuit – de 12 ans. Rens. Rés. : 02.33.62.27.00.


