Ces merveilleux fous roulants sur leurs drôles de vélos
Yannick, Mathieu et Jean-Michel sont des adeptes de Flatland, une discipline du BMX. Ils ont décidé de sortir de son sommeil l’association “Les Narvalos” qui avait fait les beaux jours des jeunes “bikers” dans les années 80. « Nous rêvons d’organiser à Condé une grosse compétition avec le champion du monde Mathias Dandois », Yannick a les yeux qui pétillent. Ce grand gaillard de 37 ans manipule son engin avec une adresse impressionnante. Et il ne se contente pas d’effectuer les centaines de combinaisons à sa disposition, il en invente de nouvelles. « Parmi toutes les figures, j’ai inventé le manual steam roller ».
Le Flatland est une discipline urbaine qui se pratique généralement sur un sol plat, sans rampe ni artifice. Elle consiste à enchaîner un maximum de figures sans poser le pied à terre, suivant une recherche constante de style.
La machine
Le Flatland se pratique sur un vélo adapté : un cadre dont le centre de gravité est rabaissé grâce à des roues de faible diamètre.« Nous utilisons des vélos cross. Il faut être un peu mécanicien pour bricoler et entretenir son engin ». Il est équipé de quatre cale-pieds et parfois d’un système de rétropédalage. Les freins souvent absents ou adaptés permettent au guidon de tourner à l’infini sans être gêné par la présence de câbles.
L’homme
Sur cette étrange monture, le flatlander s’autorise tout. « Dans “free style” il y a le mot “free” qui veut dire libre, rappelle Yannick Chauvel. Nous prenons les gens comme ils sont et nous agissons toujours en privilégiant le respect des autres ». En suspension autour du cadre qu’il manipule au gré de son inspiration, le flatlander évolue en équilibre sur tout ce que le vélo compte d’appuis : les cale-pieds, les roues… A faible vitesse, parfois même à l’arrêt, il enchaîne les figures, roule en arrière, combinant les différentes positions du corps et du vélo dans une harmonieuse chorégraphie. Dans ces instants d’apesanteur ou seuls résonnent le crissement des pneus et la morsure des freins, le flatlander semble à la fois danseur, équilibriste et acrobate.
Art ou sport ?
Yannick Chauvel excelle dans cette discipline à mi-chemin entre art et sport. En 2005, il s’est classé 9e aux championnats du monde. Dump truck, Cliff hanger, Funky chicken, chaque figure peut se terminer par une chute. « Le vélo tombe plus souvent que le gars, sourit Yannick. Le foot c’est plus dangereux et le flat c’est le sport le moins dangereux du BMX ».
Parmi les sports extrêmes, le BMX Flatland occupe une place à part où les capacités physiques s’effacent devant l’inspiration, la recherche de style et l’originalité. En mutation constante, le Flatland évolue à l’instar du skateboard ou du breakdance, à travers les innovations des flatlanders qui rivalisent de créativité, de technique et de style -parfois même de folie- pour insérer des figures toujours plus complexes dans des enchaînements toujours aussi fluides.
Les trois garçons ont décidé de partager leur passion et d’essayer de la transmettre. Chaque samedi au stade Gossart de 14h à 16h, ils accueillent les jeunes à partir de 10 ans et les plus vieux sans limite d’âge. Ils sont aussi partants pour effectuer des démonstrations et animer des festivités.
Dans le langage manouche, les narvalos désignent des abrutis. Ici, nous préférons l’entendre comme des garçons que la différence rend attachants.
Sophie Quesnel
Contact Yannick Chauvel 06.24.13.01.79.



Superbe article.
En plus de 25 ans de carriere de Bmx, et souvant apparu dans les journeaux locos,
je trouve que cet article est de loin le meilleur que j’ai pu voir.
tres bon boulot de la journaliste qui a tout compris de notre discipline.
merci